Réponses au discours d’un vide politique dans les quartiers populaires

4 janvier 2021

Contexte

Les acteurs politiques et de la jeunesse sont confrontés à une remise en cause profonde depuis plusieurs décennies. Les nouvelles générations ont été forgées dans un nouveau contexte socio-économique et institutionnel (le cadre des politiques publiques) qui rend caduque une partie importante des approches et des pratiques en direction de celles-ci. Le décalage entre intervenants et usagers (ayant toujours existé) tend en conséquence à s’accroître.

En effet, la dégradation des conditions de vie « des jeunes » et la multiplication des discriminations et des inégalités (classe sociale, « origine », sexe, âge, génération) qu’ils expérimentent entravent les processus du « devenir-adulte » et l’accès à la citoyenneté. Cela impacte aussi directement leur rapport au monde et affecte les modes traditionnels de régulation et de travail des conflits, le rapport même au conflit trop souvent perçu uniquement sous l’angle négatif de l’affrontement – nous y reviendrons.

Depuis, la fin des années 1970, les mondes populaires ont été frappés progressivement et de façon constante par un mouvement massif et structurel de déstabilisations (économique, sociale, politique, syndicale, culturelle, symbolique)[1]. Les conditions de production, de reproduction (et de protection) du groupe ouvrier et de ses membres se sont dégradées considérablement, affaiblissant ainsi les systèmes de défenses individuels et collectifs face au poids du monde.  « La crise de la représentation syndicale et politique et la dévaluation de ses porte-parole, […] le discrédit des mots anciens (ouvrier, classe ouvrière, exploitation, lutte de classes, etc.) dans le champ politique, le champ médiatique, mais aussi dans le champ intellectuel, et leur remplacement par des trompe-l’œil (l’OS [ouvrier spécialisé] métamorphosé en opérateur, l’OQ [ouvrier qualifié] en moniteur, l’usine en entreprise, la grève en mouvement social, les licenciements en plans sociaux, le patronat en « forces vives de la nation », etc.) et le désarroi discursif qu’implique la perte des « mots de la tribu » ont désorienté et disqualifié politiquement un groupe ouvrier économiquement dévalué »[2]. A la déstructuration économique des bastions ouvriers, se sont ajoutés des processus de disqualification symbolique, des processus de re-transformation de la classe-sujet en classe-objet « soumise » aux forces en charge de « rénover » et « restructurer » les quartiers (mis) en difficulté.

La question de l’engagement se confronte ainsi aujourd’hui à une forme de mise à distance nouvelle pour celles et ceux qui ont connu les cadres traditionnels de la socialisation politique issue du mouvement ouvrier. Il s’agit de comprendre les ressorts de cet effondrement pour réellement ouvrir les yeux (et les portes) sur les nouvelles formes de mobilisations. À ce titre, les quartiers populaires ont beaucoup à apporter d’un point de vue politique, car ils portent un conflit très dialectique avec la gauche sur les sujets qui la redéfinissent aujourd’hui : l’antiracisme, l’organisation de la solidarité, le rapport au(x) droit(s), le retour au local… Des travaux importants ont très bien analysé la dynamique de rupture avec les repères politiques du monde ouvrier, notamment pour les secondes générations issues de l’immigration qui ont refusé un héritage politique qui symbolisait, aussi, une forme de violence contre leurs parents[3]. Il demeure à comprendre et interroger les effets de ce refus dans le rapport de cette jeunesse au champ politique classique : pas seulement en terme de refus d’un socle politique et culturel (disons, celui de la gauche telle que nous l’avons connue), pas complètement non-plus à travers la perception artificielle d’une « autonomie » qui masquerait les processus sociaux et politiques à l’œuvre.

« C’est pas contre vous hein, mais la politique, beurk » Il n’est pas surprenant d’entendre régulièrement cette prise de position à l’égard de militants divers, mais aussi  d’acteurs publics qui agissent dans les quartiers populaires. Cette dévalorisation de l’idée même de politique accompagne l’effondrement concret d’un ensemble de structures et espaces qui auparavant structuraient la socialisation politique.

A l’heure où nombreux sont celles et ceux qui déplorent le manque de citoyenneté, d’intérêt pour la politique des classes populaires, il nous semble important de défendre l’hypothèse suivante : si certaines jeunesses populaires s’abstiennent de parler, de voter ou de « participer » c’est surtout parce que les propositions ne rencontrent pas leurs préoccupations. La citoyenneté, la curiosité, le goût des autres, l’appétence pour les questions d’égalité, de dignité et de justice sociale, se manifestent chaque jour. Ces aspirations coexistent avec un découragement et une incompréhension qui ponctuellement prennent le pas, et dont l’expression est particulièrement visible pour les acteurs institutionnels, tout simplement parce qu’elle les remet en cause.

L’exemple récent d’un dialogue quelque peu animé entre la secrétaire d’Etat à la jeunesse et des jeunes accompagnés par la Fédération des Centres Sociaux autour du thème « La place des religions dans la société » est symptomatique d’une édifiante difficulté à « recevoir les protestations », pour reprendre l’expression de Joëlle Bordet, et les considérer comme des conflictualités créatrices, positives pour nos espaces démocratiques[4].

Cet exemple nous amène à être critiques des analyses dominantes sur les classes populaires et particulièrement leurs jeunesses. Celles-ci sont aveugles aux formes d’implication politiques et de citoyennetés populaires et de nombreuses formes d’engagement passent inaperçues.

 

Si certaines jeunesses populaires s’abstiennent de parler, de voter ou de « participer » c’est surtout parce que les propositions ne rencontrent pas leurs préoccupations.

Les quartiers populaires ne sont pas des vides politiques

Cette dévalorisation de la politique rencontre un discours établi : celui de la dépolitisation et du vide politique des quartiers populaires. Ce type d’affirmation, en apparence neutre mais en réalité normative et performative, conduit aux discours de stigmatisation et notamment aux accusations de « séparatisme ».
Pour autant, nos propres expériences dans les champs de l’action publique, de l’éducation populaire et d’interventions sociologiques avec des habitant-es des quartiers populaires nous ont montré la richesse des formes de politisation, de débat critique, d’analyse de la société, d’échanges de savoirs, d’implication sociale, de pratique de solidarité concrète, souvent en marge des cadres traditionnels d’engagement qui en conséquence peinent à les reconnaître. Autant de réalités inaperçues ou non prises en compte par les institutions, parfois même par les mouvements historiques de jeunesse et d’éducation populaire.

Nombre d’entrées d’immeuble, de cages d’escaliers, de bancs publics, de terrains de sports ou de terrains vagues, peuvent apparaître comme des espaces ordinaires et quotidiens de citoyenneté, ou de ce que nous pourrions appeler des espaces d’auto-éducation populaire. Les sorties d’écoles sont aussi des lieux où les parents se soutiennent moralement, se transmettent des « tuyaux » et des informations, réagissent à ce que disent les médias, échangent sur l’actualité politique, etc. D’autres « lieux » sont des espaces de politisation ne serait-ce qu’à travers les réseaux sociaux. Certaines enquêtes récentes ont démontré que l’entraide entre amis, voisins ou membres de la famille est quotidienne dans les classes populaires[5], et la crise sanitaire a particulièrement mis en lumière ces conditions singulières d’expression et de mise en pratique de la solidarité. Nous pouvons également faire référence aux espaces de citoyenneté[6]  tels que le rap et plus généralement toute la culture hip hop, et autres courants artistiques (« chanson française engagée », « chanson de l’immigration »[7]), qui ont joué, ou jouent encore, un rôle fondamentalement politique dans les quartiers populaires[8]. Ils constituent un important vecteur d’engagement social, culturel et politique[9], dont l’analyse et la réception demeurent un chantier important, à la croisée des sciences sociales et de la mise en œuvre des politiques publiques.

Comment appréhender cette myriade de compétences ordinaires comme une forme de pratique politique ? A ce titre bien entendu, la jeunesse des quartiers populaires joue un rôle à la fois contradictoire et dynamique : porteuse de remises en cause et d’un « discours de refus »[10] qui désarçonne les lectures traditionnelles de l’engagement (et de l’accompagnement), elle pose aujourd’hui radicalement la question des nouveaux lieux de la conversation et du conflit démocratiques[11].

Ces initiatives et prises de position peuvent ainsi disparaître de l’analyse si la conception de la citoyenneté et de l’engagement est trop restreinte. Ahmed Boubeker et Abdelalli Hajjat, à propos des luttes invisibilisées des héritiers de l’immigration coloniale, affirment que « les oubliés de l’histoire manifestent contre le consensus silencieux relatif à leur condition de parias. […] ils sapent l’universel abstrait de la cité républicaine en contestant une écriture de l’histoire d’un seul point de vue »[12]. Ainsi la réponse, parfois très conflictuelle, à cette confiscation (ou dépossession[13]) peut être appréhendé comme une absence d’engagement, voire une disparition de la politique. La question à creuser est en réalité celle du décalage entre les offres de « participation » et les besoins d’engagement des jeunesses populaires. C’est davantage les « aidants » et le type d’aide qu’il faut interroger plutôt que des « aidé-es qui manqueraient de conscience politique ».

La formule du « rendez-vous manqué entre la gauche et les cités » a longtemps été à la mode. Aujourd’hui, l’analyse plus complète du répertoire considérable des mobilisations issues des quartiers, et la manière diversifiée dont elles ont travaillé l’idée d’autonomie à l’égard de la gauche et du champ politique, conduisent à préciser le constat : l’effondrement de la gauche et la montée en puissance de ces nouvelles formes d’engagement participent d’un même mouvement et en quelque sorte, le rendez-vous a bien eu lieu – sous la forme du conflit et d’une revendication légitime à l’autonomie, marquée par une forme de lucidité à l’égard des logiques des champs politique et institutionnel. La constitution de listes indépendantes aux élections municipales depuis le début des années 2000, la contestation de certains monopoles au sein du monde associatif qui agit dans les quartiers populaires, ou la revendication d’autonomie et de centralité de mouvements politiques issues des quartiers populaires, en sont autant d’expressions manifestes et emblématiques.

C’est tout sauf un hasard si la première mobilisation politique post-confinement s’est faite, à l’initiative du comité Adama et d’Assa Traoré, sur le sujet des violences policières. À travers cette mobilisation surgissait l’enjeu des conditions de vie dans les quartiers populaires, que la crise sanitaire avait révélées et violemment altérées, et la capacité de mobilisation des populations face à cet enjeu. Dans ces processus, la jeunesse a joué un rôle fondamental et structurant… Tout en revendiquant une forme de distance à l’égard d’une définition de ces actions comme politiques.

Une interrogation importante consiste bien à se demander où commence une expérience politique et à quel moment nous vivons un moment politique[14], ou plutôt pour parler comme Erving Goffman, à quel moment « ce qui se passe ici » est politique. Sont alors convoquées par l’analyse des compétences aussi diverses que le maintien d’un lieu safe dans un contexte dégradé[15], la capacité à développer un club sportif au cœur d’un quartier populaire avec les nombreuses problématiques qui s’y associent[16], le respect des espaces sur la place du marché[17], ou encore la mobilisation d’habitants contre la hausse des loyers et les pannes d’ascenseurs, contre la circulation des drogues dures, ou par la capacité à faire participer au scrutin le jour d’un vote. Tout un champ de pratiques doit alors être élevé en tant qu’objet d’un travail d’analyse qui forcément, affectent les cadres de réflexion établis.

Ce que nous identifions aujourd’hui, c’est l’incroyable faiblesse de la politique comme idée, comme valeur, comme représentation, son incapacité contemporaine nouvelle à produire des normes de comportement et des conduites engagées. Cet état de fait nous conduit à une tentative d’analyse des mécanismes de discrédit de la politique, de ce qui les rend possible comme de leurs conséquences. On relève ainsi que le mot « politique » est devenu le plus souvent un repoussoir. Accusée d’instrumentaliser, d’orienter, de dénaturer, la « politique » est devenue en elle-même l’argument de ne pas en faire : « quelque chose de sale »[18].Il en est de même pour la notion d’éducation populaire, abandonnée par l’administration publique qui la portait historiquement[19].

Il semble toutefois que de nouveaux chantiers s’ouvrent aujourd’hui par nécessité. Cela passe peut être aussi par la réappropriation de l’histoire des luttes pour l’égalité et la dignité (mouvements ouvriers, féministes, antiracistes et anticolonialistes) et l’affirmation de la valeur des cultures et savoirs populaires qui ont été une des conditions de leur mobilisation. Ne faut-il pas à nouveau créer les espaces pour permettre cette transmission paradoxale d’un refus qui, enfin exprimé et accepté comme tel, créerait les conditions de son dépassement ?

Quels espaces d’éducation populaire ?

Pendant longtemps l’éducation populaire et les institutions ouvrières (parti, syndicat, mutuelles, coopérative ouvrière de production, artistes engagé-es, etc.), avaient permis aux dominé-es de s’organiser économiquement, socialement, culturellement et symboliquement de manière structurée, cohérente et autonome[20]. Ces espaces offraient un cadre de références culturelles et symboliques solide et digne pour bâtir, à partir d’une place sociale dominée, des trajectoires individuelles, inscrites dans une vitalité du collectif, supportées par un rapport au monde, un langage commun, un système de normes et de valeurs, qui ont permis aux dominé-es et à leurs enfants de se constituer en classe-sujet. Les quartiers ouvriers ont pu construire une véritable « contre-culture » affirmée, confiante et digne.

Cette situation s’est profondément transformée. Danilo Martuccelli parle aujourd’hui d’une domination sans visage : « la situation actuelle est marquée aux yeux de bien des dominés par une profonde opacité »[21]. Le langage joue un rôle de premier plan dans l’illisibilité de la société. Sylvie Tissot souligne les ambiguïtés des nouveaux mots qui imposent une lecture dépolitisée et individualisante des difficultés rencontrées par les habitants des quartiers populaires[22] : « Citoyenneté », « participation des habitants », « projets », valorisation de la « proximité » et du « local », « transversalité » et « concertation » entre « partenaires » : il est difficile de questionner ces mots d’ordre tant ils sont devenus familiers. L’interrogation est d’autant plus difficile que ce vocabulaire nous paraît désormais humaniste et progressiste, dans un contexte politique où la rhétorique de l’insécurité, de la « racaille » et des « zones de non-droit » est prévalente. Pourtant, la participation des habitants, lorsqu’elle est devenue le remède miracle pour soigner le « mal des banlieues », a été définie de manière singulièrement restrictive : occultation des conditions de vie matérielles au profit du « dialogue » et de la « communication » ; psychologisation et donc dépolitisation des problèmes sociaux, alimentées par une représentation du quartier comme espace neutre et pacificateur ; valorisation de la bonne volonté individuelle ainsi que des solutions modestes et ponctuelles, dévalorisation concomitante de la conflictualité et des revendications trop « politiques »[23].


Dans cette perspective, il s’agit de mesurer les effets de l’offensive du champ lexical managerial jusque dans le champ associatif et celui des politiques publiques, en particulier sur la capacité des citoyens des quartiers populaires à bâtir leurs actions en fonction de leurs besoins, avec leurs mots.
Obliger la jeunesse populaire à parler une langue qui n’est pas la sienne rend plus compliqué l’analyse des réalités matérielles qu’elle subit, mais aussi la mobilisation collective contre celles-ci.

Il nous semble fondamental de recréer des espaces de partage d’expérience et d’expression collective de ce qui ne va pas, afin de permettre aux personnes (individuellement et collectivement) de se tenir debout, comprendre ce qu’il se passe et se redonner du baume au cœur pour passer à l’ouvrage. Mais ce qui manque ce n’est pas seulement des espaces de paroles, mais bien des espaces collectifs d’analyse des injustices, d’élaboration de revendication, et d’actions collectives.

Au cours d’une recherche-action précédente, nous écrivions : « est démocratique une société qui se reconnaît divisée, c’est-à-dire traversée par des contradictions d’intérêt et qui se fixe comme modalité d’associer à parts égales chaque citoyen dans l’expression de ces contradictions, l’analyse de ces contradictions et la mise en délibération de ces contradictions, en vu d’arriver à un arbitrage »[24]. Si cette définition a des allures quelque peu procédurales, elle permet de ne pas limiter l’acte démocratique à sa seule logique d’expression mais d’étendre le processus jusqu’aux possibilités d’actions.

Elle permet aussi de faire un pas de côté vis à vis d’une idéologie largement dominante depuis les années 80 : celle de la pacification des rapports sociaux et de son corollaire, le discrédit pour la conflictualité. Pourtant, le conflit se décompose en de multiples formes et nécessités : la réduction a sa seule logique d’affrontement, mainte fois répétée concernant les mobilisations issues des quartiers populaires, marque avant tout l’inégalité d’attribution du « droit à la complexité » dont parlait Pierre Bourdieu. Retrouver le fil de cette complexité fait partie des chantiers de ces espaces d’éducation populaire à redéfinir, en partant nécessairement des personnes concernées pour éviter les effets d’imposition langagière et normative. Il s’agit de recentrer « le point de vue » à partir de ce qui est vécu par les dominé-es et notamment les classes populaires. « L’éducation populaire politique n’est évidemment pas l’éducation dont le peuple est l’objet. C’est une éducation dont le peuple est le sujet, c’est-à-dire la transformation de l’expérience quotidienne aliénée ou exploitée en expérience collective et surtout en savoir stratégique »[25].

Pour nos politiques publiques d’éducation populaire, le chemin à emprunter est celui du travail – et non de la gestion – de ces contradictions d’intérêts qui composent le monde social. Nos jeunesses, en agissant comme révélateur d’un refus et de la possibilité de formulation d’un dépassement de ce refus, sont nécessairement au cœur de ce travail.

Ulysse Rabaté & Joackim Rebecca

 [1] Robert Castel, Les métamorphoses de la question sociale. Une chronique du salariat, Fayard, 1995.

[2] Gérard Mauger, « La reproduction des milieux populaires « en crise »», in Ville École Intégration, n°113, 1998.

[3] Les travaux de Stephane Beaud restent à ce titre d’une grande actualité. Voir notamment Beaud, Stephane, 80 % au bac… et après ? Les enfants de la démocratisation scolaire, La Découverte, Paris, 2003.

[4] Bordet, Joëlle. « Recevoir les protestations, les refus, les contestations des jeunes des quartiers populaires urbains, pour les accueillir au monde et renouveler la démocratie », Topique, vol. 141, no. 4, 2017, pp. 81-91.

[5] Yasmine Siblot, Faire valoir ses droits au quotidien. Les services publics dans les quartiers populaires. Sciences Po., 2006.

[6] Nous entendons par « citoyenneté », la participation au conflit social et non sa confusion avec la civilité, qui reflète « les comportements attendues vis à vis de la norme sociale ».

[7] Voir les albums de Mouss et Hakim d’Origines contrôlées et ceux de Zone d’Expressions Populaires.

[8] Jean-Pierre Thorn, « 93, la belle rebelle », Blaq Out production, 73 mn, 2010.

[9]  Laurent Mucchielli, « Le Rap, tentative d’expression politique et de mobilisation collective chez les jeunes des quartiers relégués », in Mouvements, n°3, 1999.

[10] Bouamama, Saïd, De la galère à la citoyenneté. Les jeunes, la cité, la société, Desclée de Browner, 1993.

[11] Laugier, Sandra et Ogien, Albert, Le principe démocratie. Enquête sur les nouvelles formes du politique, La Découverte, 2014.

[12] Ahmed Boubeker & Abdellali Hajjat, (dir.), Histoire politique des immigrations (postcoloniales), Amsterdam, 2008.

[13] Voir à ce titre : Djerbal, Daho, « De la difficile écriture de l’histoire d’une société (dé)colonisée. Interférence des niveaux d’historicité et d’individualité historique », Naqad, hors-série n°3, 2014, pp. 213-231.

[14] Geoffroy de Lagasnerie, La conscience politique, op. cit.

[15] Voir le documentaire L’épicerie, tourné en 2019 à Corbeil-Essonnes, qui démontre l’existence d’un lieu pacifié de passage et de débat devant la gare de Corbeil-Essonnes. L’épicerie, Ulysse Rabaté, Association Robert Flaherty, 2019.

[16] A ce titre les dernières accusations de « séparatisme » en direction des associations sportives sont dramatiques, car elles nient une action ordinaire indispensable dans les quartiers.

[17] C’est par ce prisme qu’est présenté pour la première fois « Le maire » dans le film Les Misérables, de Ladj Ly (2019).

[18] Rabaté, Ulysse et Yassine, Abdel, Politique Beurk ! Politique Beurk !,  in Analyse Opinion Critique, Septembre 2019.

[19] Nous faisons référence au ministère « jeunesse et éducation populaire » devenue par la suite « jeunesse et sport » pour être aujourd’hui complètement invisibilisée dans la nébuleuse « cohésion sociale ».

[20] Michel Verret, La Culture ouvrière, L’Harmattan, 1996.

[21] Danilo Martuccelli, Dominations ordinaires. Explorations de la condition moderne, Balland, 2001.

[22] Sylvie Tissot, L’Etat et les Quartiers. Genèse d’une catégorie de l’action publique, Seuil, 2007.

[23] Sylvie Tissot, L’invention des « quartiers sensibles », in Le Monde diplomatique, Octobre, 2007.

 

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